Nous sommes le 30 mai 2014, dernier jour de travail dans cet entrepôt de la banlieue Montréalaise, je pousse les dernières palettes avant de finalement pouvoir enfin rentrer à la maison. Ni une, ni deux, je me faufile entre les piles de palettes, salue une dernière fois mes collègues et cours attraper mon bus. Je n’ai pensé qu’à ça toute la journée, à ce moment-ci. J’ai la jambe qui trépigne d’impatience dans ce bus qui me ramène au métro, je cours entre le terminus et la rame de la ligne orange. Dans quelques minutes, je serai rentré, prêt à enfin boucler ce sac car demain nous partons en voyage pour 3 semaines. 3 semaines de roadtrip dans le Pacific Northwest américain, entre les états de Washington, Oregon et Californie.

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Pont Pacific Northwest

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Pacific Northwest

Ce voyage j’en ai rêvé, je me le suis imaginé des nuits durant au cours des dernières années, rêvant secrètement de le réaliser un jour, plus tard. Mais je n’imaginais pas que j’allais toucher ce rêve du bout des doigts aussi vite dans ma vie. On a pris nos passeports, vérifié la validité de nos ESTA pour entrer sur le sol américain, chargé les batteries, vidé les dernières cartes mémoires, embarqué les pellicules, optimisé le poids de nos sacs respectifs pour finalement sauter dans ce taxi, impatients de retrouver l’ambiance de l’aéroport. Je m’étais imaginé des centaines d’itinéraires, on a écouté nos voeux respectifs pour ce périple pour finalement façonner le voyage dont on rêvait.

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En juin 2014, nous avons mis les voiles au départ de Montréal. Nous avons sauté dans cet avion, avec Seattle pour destination. Nous imaginions cette ville comme simple porte d’entrée et de sortie à ce voyage, et ce fut bien plus, un véritable coup de coeur, une magnifique surprise comme on aime en avoir. C’est d’ailleurs à Seattle qu’a vu le jour notre série photographique « HUIT ET DEMI« , c’est aussi et surtout à Seattle que nous avons vraiment débuté notre roadtrip. Là, où nous avons récupéré notre voiture de location réservée plus tôt avec autoescape, foncé chez IKEA pour acheter un matelas et convertir cette voiture familiale que nous espérions secrètement avoir et coucher les sièges arrière, installer notre lit et nous étions partis avec notre van réaménagé pour l’occasion. Ce roadtrip, je ne l’envisageais pas autrement que de revivre à nouveau dans un van, j’y avais goûté en Australie et c’était clairement un mode de voyage qui donnait le plus de liberté. Si elle était sceptique au début, elle m’a fait confiance les yeux fermés pour me suivre dans mon envie de faire ce roadtrip en dormant dans la voiture. J’appréhendais la première nuit pour savoir comment elle la vivrait… elle a adoré !

Columbia River Gorge

Roadtrip USA

Roadtrip USA

Pendant près de 3 semaines, nous avons usé les pneus de la voiture sur plus de 4 000km à travers les états de Washington, de l’Oregon et de l’extrémité nord de la Californie. Pendant près de 3 semaines, nous avons connu la canicule à plus de 36°c à Seattle, la pluie diluvienne sur la côte et même la neige au petit matin et les -1°c dans la voiture emmitouflés sous la couette dans le coffre de notre vaillante Chrysler au sommet de Crater Lake. Nous avons vu pléthore de paysages, une diversité que jamais, ô non jamais, nous n’aurions soupçonné l’existence dans un même état, des forêts denses, aux sommets enneigés en passant par la plage de sable, les paysages désertiques dignes de l’outback australien, les immenses prairies du retour vers Seattle… Non, vraiment, j’en avais tout un tas d’image dans la tête, mais vraiment, non vraiment, je ne m’attendais pas à une telle diversité.

Vista House, Columbia River Gorge

Redwood national park

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Crater Lake

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Cannon Beach

Non vraiment, je ne m’attendais pas à être autant émerveillé à chaque nouvel endroit où nous garions notre maison roulante. Chaque virage nous dévoilait un nouveau trésor inattendu. Pendant 3 semaines, ce fut noël avant l’heure, quotidiennement. Une belle aventure comme j’en avais rêvé… puissance 1000. Chaque jour nous a réservé son lot de souvenirs-à-garder-éternellement, que ce soit ces trois heures dans ce petit bâteau à observer les orques en liberté, monter sur ce pont et immortaliser cet instant dont nous rêvions tous les deux, cette traversée en ferry, cette balade en bâteau pour découvrir Seattle depuis l’eau, ma fascination inattendue face à la beauté de Crater Lake, ton véritable coup de coeur pour ce village sorti tout droit d’un film de Far West, cette petite collection de plaques américaines débutées sur le pouce à quelques jours du retour ou encore cette collection de quarters américains que tu comptais fièrement sur le siège passager pendant que je vidais mes cartes… Mais c’est quoi alors ce véritable souvenir incroyable ? C’est ce voyage tout entier, celui avec lequel nous sommes partis, main dans la main, excité comme des gosses un jour d’anniversaire, ce périple même que nous avons pensé ensemble, vécu ensemble, immortalisé ensemble, notre voyage à nous et rien qu’à nous, que nul autre ne peut comprendre. Cette aventure qui nous a fait découvrir ces paysages hallucinants, d’une beauté rare, ce voyage vécu de cette manière là, en se couchant le soir venu, arrivés dans la nuit noire et ne découvrant le paysage qu’au petit matin lorsque les premiers rayons du soleil venaient ouvrir nos paupières derrière les vitres de la voiture. Nous avons vécu là un sacré périple, une sacrée expérience, le genre de voyage que je rêvais de vivre à deux, pour pouvoir le partager encore et encore, se le remémorer et pouvoir en reparler et se le rappeler pour toujours.

Le Pacific Northwest me faisait rêver, nous en avons fait un rêve devenu réalité, toi et tout ce qu’on y a vu, en avez fait, le plus beau voyage qu’il m’ait été donné de faire. Le genre de sentiment que l’on arrive pas vraiment à décrire mais qui laisse une trace indélébile, qui humidifie les yeux quand on quitte un état en sachant qu’on ne le reverra plus, celui là même qui m’a pris aux trippes quand j’ai posé mes deux pieds dans la neige au dessus de Crater Lake. Ce sentiment là qui m’a transcendé 3 semaines durant et qui est toujours là ce soir à Montréal, 2 mois après, au moment où j’écris ces lignes qui me semblent n’avoir ni queue ni tête, tant j’aimerais tout raconter tout en sachant d’avance, que jamais je ne réussirai à trouver suffisamment de mots et de superlatifs pour exprimer à quel point ce voyage m’a marqué, à quel point je n’en reviens toujours pas de l’avoir effectué.

MERCI.