Il y a deux week-ends de ça, nous avons profité de l’hiver qui n’en finit pas à Montréal pour partir tout un week-end avec Samantha et deux amis pour une randonnée raquettes et nuit en refuge au fin fond du Québec. Pas d’eau. Pas d’électricité.

Rando raquettes quebec canada megantic

On s’est levé (un peu trop) tôt ce samedi matin pour aller chercher notre voiture de location. On a eu l’air un peu idiot dans le métro à 6h58 entre la station Cote-Des-Neiges et Bonaventure. On avait revêtu notre plus belle tenue de randonnée : après-ski, raquettes sous le bras et gros sacs sur le dos (et les bouteilles de soupe dans les poches extérieures) pour faire aventuriers. Au fil du trajet en métro, on commençait déjà à lister ce qu’on avait oublié. Ca commençait par la feuille de route. On en a ri. (Mais ça c’était avant de découvrir qu’on avait pas de réseau pour les cent derniers kilomètres)(Mais on s’en est sorti). Bref, nous sommes arrivés à l’agence de location.

J’avais été désigné grand conducteur du week-end. Il m’a demandé mon numéro de téléphone, j’ai trouvé ça un peu déplacé (Il a prétexté que c’était pour le contrat de location.) On a quand même été surclassé et au lieu de notre petite 3 portes, je me suis retrouvé au volant d’un… minivan. 9 places. Bien bien. Mes trois compagnons de fin de week-end, comme on dit ici, hallucinent sur la taille de la voiture et ont un peu peur quand même de savoir comment je vais conduire ça. Je reste détendu et les rassure. (Mais en vrai. Un 9 places. NEUF. Moi aussi je flippe de l’accrocher à la sortie du parking souterrain. Nan mais NEUF PLACES!). Du coup, on fait un check complet de la voiture, pensez à faire pareil si vous partez en roadtrip même pour un week-end, parce que personne n’a envie de voir fumer le moteur en route, checkez vos niveaux et les pneus. Bref, la voiture est prête. C’est parti pour trois heures de route au volant de ce mini-van grand luxe. (Et j’ai pas accroché l’angle à la sortie du parking souterrain si vous voulez savoir.)

en route pour le Mont Mégantic

Nous avons roulé sur des lignes droites qui n’en finissent plus au milieu de paysages déjà incroyables. J’aimais pas la boite de vitesse automatique, mais on s’y fait bien. C’est un peu comme conduire un gros scooter (à quatre roues et un toit, ca s’entend. un gros scooter quoi.) Du coup on peut faire plein de choses en même temps qu’on conduit. Du coup, oui Maman, j’étais encore plus vigilant sur la route et ai bien respecté les limites de vitesse et de sécurité. Tantôt la pluie, tantôt la neige… la route se poursuit et l’altitude s’élève au fil des kilomètres (enfin doucement quand même on est au Québec, faut pas déconner non plus.)

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Lorsque nous arrivons au Mont Mégantic, la neige tombe à gros flocons. Nous chaussons les raquettes et prenons le sentier du col des trois sommets pour rejoindre notre refuge. On se faufile entre les sapins au milieu d’un paysage hors du temps, sous un manteau de neige immaculé, à quelques traces de pattes de lapins près. On rigole. On s’entrave dans les raquettes. On avance. Enfin en vérité, on a un peu galéré à suivre le rythme de nos amis… MAIS SAY PARCE QU’ON FAISAIT DES PHOTOS ! 2h plus tard après avoir fait plein de photos et marché un peu quand même, on arrive à notre refuge. On se déleste des sacs, ravivons la flamme du poêle à bois pour réchauffer les chambres littéralement glaciales. (On a sorti les casse-croutes aussi. Oui c’est important de le mentionner. PARFAITEMENT.).

Mardjane et William (nos amis, mais ça faisait une répétition si je réécrivais « amis ») ont décidé d’accélérer le rythme et sont donc partis tous les deux. « On rentrera peut être à la nuit tombée donc on prend les lampes frontales.« .(Nous, on s’est endormi comme des m***** sur le lit pas très confortable et glacé. Mais faut pas le dire.) A 16h, on décide finalement de remettre le nez dehors, la neige tombe à gros flocons et on décide de relier un point de vue. 30 m parcourus sur le début du sentier. On se retourne et là Mardj’ et Will sont déjà de retour. Du coup, ils nous racontent leur rando et on repart tous les quatre vers le point de vue qu’on avait repéré sur la carte. Une fois là bas, on s’est mis à crier à gorge déployée pour écouter l’écho de nos voix résonner sur la montagne en face. On a couru. On a ri. On a fait des photos. C’était bien.

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Transis de froid, on décide de rebrousser chemin pour se réchauffer, manger la soupe et la charcuterie autour du feu et d’une partie de Kem’s. (coucou on a 14 ans.) Tout le monde est crevé. Je joue un peu les Bear Grylls pour aller casser de la glace dehors pour la faire fondre dans la casserole sur le poele. (Oui on a aussi oublié le couvercle de la casserole.). Oui, on a bien pensé à la faire bouillir pour enlever les mauvaises bactéries qu’il y a dans la neige et la glace.

L’astuce du chef : lorsque vous n’avez rien pour couvrir votre casserole. Prenez la pelle à cendres, recouvrez là d’un sac plastique et posez là sur la casserole. L’eau boue plus vite et ainsi vous aurez un bon thé ou juste de l’eau pour le lendemain. (Bon, Mardjane a posé la pelle avec le sac plastique sur le poele, donc parcontre ça vous pouvez zapper cette étape, ça évitera de faire cramer le sac et de le laisser coller au poele). Extinction des feux.

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Il a neigé toute la nuit. Un bon vingt centimètres de poudreuse fraiche avait recouvert les sentiers. Le lendemain matin, la vue est toujours bouchée. Mais le ciel tend à se dégager. On se met en route, direction la cime des arbres pour rejoindre un autre chalet qui était synonyme de point de vue sur les hauteurs du Mont Mégantic et ça s’annonçait canon. Là encore on fait deux groupes car nos amis avancent vraiment plus vite (ils en ont fait tout l’hiver il faut dire) et nous on prend le temps de faire des photos. (et de cracher nos poumons un peu aussi dans la dernière cote.). Le jeu en valait la chandelle. Quand 1h30 plus tard nous sommes sortis des sapins, le ciel était azur, la neige resplendissante, la vue… éblouissante. Le vent nous glaçait, mais qu’importe il faisait beau. Trop beau. Les paysages avaient un tout autre visage par cette météo idyllique. On voit à des kilomètres, on est seuls là, à contempler le spectacle. C’est magique. C’est inoubliable.

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On a refait plein de photos. On a rigolé. Nous avons entamés la redescente vers la voiture en se disant que c’était quand même vraiment beau. On a refait plein de photos. On a encore rigolé. Puis on a retrouvé notre voiture. On s’est changé. On a repris la route, beaucoup plus calme qu’à l’aller. Un peu triste de quitter la nature et ce week-end un peu parfait. Notre retour à Montréal a été un peu plus doux avec une superbe vue sur Montréal au coucher du soleil. On a rendu la voiture. C’était vraiment fini.

coucher de soleil montreal canada