Je les ai quitté, le ventre un peu noué, les yeux embués… un dernier regard à travers la vitre du TGV, un dernier signe de la main, un dernier sourire pour effacer la tristesse du moment et déjà le train file à toute allure à travers la nuit. Je fais route vers Paris.

paris

Parfois, la vie fait bien les choses. Le karma diront certains. Il y a 4 ans, je préparais un projet qui allait changer ma vie, je me décidais à faire mon premier voyage en dehors de l’Europe, mon premier voyage longue durée aussi. Il y a 4 ans, j’hésitais entre partir en tour du monde, traverser l’Amérique du Sud à pied ou tenter l’aventure d’un an au Canada. Du haut de mes vingt ans, je me suis dit que ça serait déjà un sacré beau challenge de partir un an au Canada. J’étais parti pour. J’avais tout fait pour. Mais je me suis lancé finalement à l’assaut de l’Australie, du haut de mon mètre soixante cinq. Je suis parti avec mon sac rouge sur le dos et ses 17 kilos. Mon van psychédélique et ma planche de surf. 25 000 kilomètres parcourus autour du pays et tout autant de souvenirs. Une aventure hors du commun pour moi, le petit bonhomme tout droit venu d’un petit village d’à peine mille âmes. Il y a 3 ans, jour pour jour, j’allais plonger avec les grands requins blancs. Il y a 3 ans, mon karma avait pris le dessus sur ma raison.

Parfois, la vie fait bien les choses. Le hasard diront certains. Il y a 1 an et demi, je préparais un projet qui allait à nouveau changer ma vie, je me décidais à faire mon second voyage longue durée.Il y a 1 an et demi, je travaillais pour me lancer dans une nouvelle aventure. Cette fois plus d’hésitation, nous partirions à deux meilleurs amis, acheter notre van, l’isoler et écumer le Canada en long en large et en travers. Nous étions partis pour. Nous avions tout fait pour. Mais la veille de l’ouverture du quota pour obtenir le précieux sésame qui nous ouvrirait les portes de cette belle contrée canadienne, j’ai dû annuler. Mon sac rouge a dû rester au placard. Cette aventure hors du commun que nous nous étions imaginés ne verrait pas le jour. Il y a 1 an et demi, ma raison avait pris le dessus sur mon karma.

Parfois, la vie fait bien les choses. La prémonition diront certains. Il y a 8 mois, je rencontrais une personne qui allait changer mon été, je me décidais à enfin aimer Paris. Il y a 8 mois, j’ai eu le déclic. Elle là bas, moi ici. Peut être que le karma, le hasard, la prémonition avaient eu raison. Cette fois, je déroge à la règle du jamais deux sans trois. Cette fois, j’étais vraiment parti pour. Cette fois, j’avais vraiment tout fait pour. Cette fois, j’ai attendu près de 4 mois que ce quota ouvre. Cette fois tout était réuni pour que je puisse venir te rencontrer cher Canada. Nous étions quarante mille à tenter notre chance et je l’ai. Je t’ai eu. Je lui ai à dit « à demain ». C’était notre dernier Skype, demain je verrai les premières lueurs du soleil inonder Paris. Demain, je pars pour une année au Canada avec le vol AirTransat TS497 à destination de Montréal. Demain, je me coucherai à Montreal, première nuit de cette nouvelle vie.