Il fallait une suite, je ne pouvais pas parler de ma première péloche puis parler (un peu) de cet été inattendu que j’ai passé sans continuer à partager mes autres pellicules, alors il faudra vous y faire, je vais continuer à poster de l’argentique, parce que ça me plait de plus en plus et voilà, ça fait une bonne raison, déjà non ?

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Après ces quelques péloches, mon fidèle X700 était prêt, et moi aussi, à accueillir le Graal de la pellicule (vision totalement subjective) : la Velvia 50. Une 50 ISO, heureusement que j’ai un objectif lumineux parce que 50ISO, ça s’annonçait tendu. Bref, j’ai acheté cette péloche, j’aurais pu la tester à la Barbade, à la campagne ou encore en montagne, mais non, l’occasion était trop belle, je décidais de l’essayer à Paris.

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Je me suis donc mis à déclencher comme avec une péloche normale, mais j’avoue avoir eu un peu plus la boule au ventre avant chaque cliché. C’est une 36 poses, alors c’est long de stresser comme ça pendant 36 poses. J’ai fait défiler cette pellicule, photos après photos, aux quatre coins de la ville, pour immortaliser ces bouts de vie. Je ne prenais plus que l’argentique, relayant le numérique au placard, parfois pour des après-midi entiers. J’avais envie d’écouter la musique de l’argentique et surtout de déclencher, me laisser rêver à ce cliché que je venais de prendre pour finalement l’oublier et ne le redécouvrir que quelques temps plus tard lors du développement.

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Presque 1 mois pour la faire développer. Le temps de trouver un photographe digne de ce nom qui pourrait me faire un traitement croisé pour donner ses couleurs si éclatantes et contrastées. (« On dirait Instagram ». Ca va j’ai entendu les deux au fond!) Cette péloche je l’attendais comme le messie, mais finalement, je n’ai pas trouvé le bon photographe, le développement n’est pas très bien fait et surtout la qualité du scan est vraiment déplorable. Bref, c’est comme ça. On ne peut pas revenir en arrière.

Avec le temps, finalement tant pis pour la définition, les souvenirs qu’elles ressassent, sont beaucoup plus forts qu’un grain pas très beau ou un lissage un peu trop prononcé de la Fuji Superia 200. Ma deuxième péloche de cette fin d’été un peu dingue. Je l’ai, elle aussi, commencé à Paris et terminé à la campagne, en forêt. Je suis moins fan, le rendu est là, mais je suis moins conquis. Je débute, j’essaie, apprends, rate, recommence, réussis parfois, mais voilà, qu’importe, je me forme et me fait mon expérience.

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A Paris, si j’ai passé le plus clair de mon temps à déambuler avec Samantha, j’ai aussi passé quelques heures avec Noémi et Coralie, où nous avons notamment longuement parlé « bief », « estacades », « bajoyers », « radiers » et autres termes hautement techniques pour tenter de comprendre comment fonctionnaient les écluses du Canal Saint Martin. Nous avons été déçus, très déçus, on pensait ça plus écolo. Comme ça on ne dirait pas, mais on a passé bien 45 minutes à bloquer dessus, alors oui ça a son importance ici! Mais ça c’était juste après avoir mangé indien et avant d’aller jouer dans les halls de la Gare du Nord pour faire quelques photos. Et après ? Après, il était temps de retrouver Barbès, son animation, ses surprises… qui finissent étonnement par manquer.

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Avant la Velvia et la Superia, il y-avait aussi eu une Kodak UltraGold 400, je suis fan de ce rendu, d’autant plus lorsqu’elle est périmée. Je suis tellement fan, que j’ai maintenant un sac de 100 qui dort à côté de mon lit. AU CAS OU. Celle-ci je l’ai emmené prendre l’air de la campagne bourguignonne, lui ai fait connaître quelques doubles expositions et vivre de sacrés chouettes instants. Une péloche que vous reverrez certainement très vite, parce que son rendu est assez fou, en tous cas ma vision subjective le trouve assez fou. Et puis couplé à mon boitier, ils forment un couple du tonnerre me réservant à chaque fois de sacrées belles surprises, des belles surprises que j’ai envie de retrouver plus souvent, ailleurs, ici, partout, tout le temps.

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J’ai déjà hâte de retourner faire développer une nouvelle série, je l’espère plus artistique, plus travaillée. Même si au fond, pour moi, l’argentique c’est avant tout des moments dans ma conception actuelle de la pellicule, tant pis si c’est un peu moins artistique, si c’est brut, c’est justement le souvenir brut de ce que j’ai vécu qui rend chaque image si unique, si belle… à mes yeux. Voilà pourquoi j’aime l’argentique et pourquoi je ne suis pas près de m’arrêter. Voilà pourquoi, je fais aussi plus de portraits, et que je ne prends pas forcément les mêmes sujets en photo à l’argentique et au numérique. J’ai plein d’essais avec le numérique, je n’en ai qu’un avec l’argentique. Cet essai, c’est le désir brûlant de l’immortaliser comme il faut, sous son meilleur angle à l’instant T, cet instant précieux qu’on ne peut pas rater car il va nous manquer.