Comme un gosse, je me suis senti tout petit au milieu de ces géants de roches et de neige, j’ai ouvert les yeux face à ce paysage comme à l’ouverture d’un cadeau, je n’ai d’abord pas trouvé les mots pour dire ce qu’il se passait, puis j’ai avancé pas après pas, pour découvrir mon nouveau terrain de jeu. C’est une claque que j’ai prise. Le genre de claque qui vous donne des frissons, qui vous pousse à regarder tout autour de vous et qui vous coupe le souffle. Une claque comme on aimerait se prendre plus souvent, aussi. J’étais comme un gosse dans un magasin de jouet, les allées du magasin étaient devenues des sentiers de randonnée, les jouets inaccessibles en haut du rayon étaient devenus des cîmes enneigées où l’on rêve d’aller, c’était presque noël avant l’heure, à regarder en haut, en bas, à gauche, à droite… partout. Vouloir tout prendre, tout toucher, tout ramener. Les yeux divaguent de points en points, de sommets en sommets et d’horizons en horizons.

Les sommets des montagnes se répondent, on est encerclés par ces géants majestueux… et là, au milieu, il apparaît sous nos pieds. Comme un gosse, j’avais bien essayé de me l’imaginer. Le glacier. Le tant convoité. Millénaire. Beau. Imposant. Fragile. Plus qu’une carte postale que j’aurais voulu ramener, c’est de la poésie en barre, tout va si bien ensemble. C’est comme si l’ensemble des paysages qui se dessinait sous mes yeux était un livre, chaque montagne serait une page, et le glacier en serait la couverture. Un livre que l’on aimerait ne jamais refermer car devant tant de quiétude et de beauté, on voudrait juste s’assoir, rester et continuer à rêver de cet imaginaire devenu réalité.

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A mon retour, comme un gosse, j’ai essayé de raconter ce que j’avais vécu, c’était maladroit et inexacte. Je crois que c’était des émotions, comme me procurent souvent la nature et la montagne, et finalement, ce moment il est un peu à moi, alors comme un gosse, je dirai que c’est mon secret… un secret que je continuerai à rêver.