La Suisse a toujours été un pays qui m’a fasciné. J’ai vécu à 10 minutes de la frontière franco-suisse alors que je ne balbutiais pas plus de deux mots dans ma jeune vie, et je crois que depuis mes premiers pas, j’ai toujours voulu traverser la frontière pour découvrir ce beau pays. La Suisse, c’est un peu le pays qui fait sourire lorsqu’on nous demande où l’on a voyagé, sûrement en partie « à cause » de la proximité avec la France, mais ce qui m’a toujours étonné c’est qu’on a pas la même réaction avec la Belgique, l’Allemagne, l’Italie ou encore l’Espagne. La Suisse, elle, fait sourire. Soit.

Finalement, quelques centimètres plus haut et des années en plus, j’ai continué à être attiré par notre voisin helvétique. Les Alpes sont un terrain de jeu idéal pour la photographie et le dépaysement, et j’étais sûr que la Suisse et ses montagnes ne me laisseraient jamais indifférents. J’ai commencé par Genêve, puis Lausanne et Vevey, puis les petits villages limitrophes… surtout dans le Canton de Vaud et le Lac Léman. Doucement l’aventure ! Mais toujours, toujours ce petit goût de « je suis sûr que c’est encore plus joli, un peu plus loin ». Il y a 10 jours, j’ai finalement enfin pu aller voir ce que ça donnait « un peu plus loin ». Ni une, ni deux, une fois l’invitation reçue de la part du Valais, j’ai fait mon sac, chargé les batteries et embarqué mon reflex et mes objectifs de l’autre côté de cette fameuse frontière, et cette fois, pas d’arrêt en route, on file vers Sierre.

Je rejoins Nicolas dans le train qui nous déposera sous le soleil Suisse 4h plus tard. Quelques minutes, et déjà une belle rencontre, ce voyage s’annonce fabuleux. A peine arrivé et déjà en route pour le premier acte de ce voyage : le Lötschenthal. Ici, tout le monde parle français, mais la langue principale reste l’allemand. Soit. Je dois me faire une raison, ce ne sont pas les quatres phrases apprises en Australie par mes potes allemands pour draguer leur compatriotes qui vont m’aider ici. Déjà, en voiture, les paysages défilent, on s’arrête, on contemple, on prend en photo, on crapahute, on guette les masques traditionnels sur les façades… tout ça sous un soleil radieux. Le cours d’eau berce la vallée et se mêle au son du vent qui transperce les sommets alpins alentours.

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A notre arrivée, on profite du cadre incroyable de notre hôtel Fafleralp. La route s’arrête ici, les cars postaux à trois klaxons déposent les derniers voyageurs au pied de l’hotel avant de refaire route vers la vallée. Le calme est platonique. La quiétude est indescriptible. On est bien ici, on est bien bien bien. Tellement bien, qu’après notre assiette valaisanne de fromages, charcuterie et cette délicieuse tarte maison, je m’assoupissais sur le rocher en contre-bas, qui m’assurait au réveil, le plus beau des panoramas sur les versants suisses. A peine l’oeil fermé, ce sont nos compagnons de week-end qui nous rejoignent, je retrouve Julien avec qui j’ai déjà partagé mon voyage en Inde, puis rencontre Maïder, la seule fille du voyage, Gregory, notre accompagnateur et Cédric. La famille est au complet, le voyage a officiellement débuté, même si dans nos têtes et dans nos yeux, ça fait déjà plusieurs heures qu’on y est, là, à profiter. Le temps pour nos nouveaux amis d’avaler de la charcuterie locale, on chausse les pompes de rando pour une petite marche tranquille, pour profiter, faire connaissance et commencer à être émerveillé. C’est Pjuss ? Kiuss ? Notre guide, « Monsieur Sécurité » qui déclenche les avalanches quand il y a trop de risques, qui nous accompagne. Il guide aussi au Bhoutan, au Népal… bref, un peu partout, je vous laisse imaginer le niveau du bonhomme et la connaissance de la montagne qui va avec. Pas de compétition, pas de stress, on est tous là pour profiter et découvrir et c’est tant mieux. Ce n’est pas l’avalanche estivale qui a déroulé jusqu’à la rivière qui nous arrêtera dans notre élan pour cette petite marche. C’est bon d’être de retour à la montagne. Lac turquoise, cîmes enneigées, végétation dense et riche… tout y est pour en prendre plein les yeux et l’appareil photo.

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Au retour, on se restaure : fondue pour moi. On est là pour re-découvrir la montagne non ? La soirée passe, le groupe est génial, pas de timidité, rien, les vannes vont bons trains, les verres aussi. Une très belle soirée, qui s’achèvera tard sous les étoiles suisses dans le calme du Fafleralp. Déjà de jolis liens de tissés, ça promet pour demain. Avant ça, on remonte dans nos quartiers, chambre en bois, lit incroyablement confortable… on est chouchouté, et il faut bien l’avouer, c’est vraiment chouette. Quelques heures plus tard, et un délicieux petit dej’ passé, on part tous ensemble direction le Glacier d’Aletsch, et croyez moi, celui là, je l’attends. Mais cette fois, vous aussi, car ça sera avec plein de photos, mais dans le prochain acte de ce carnet de voyage en Suisse. Un peu de patience, ça arrivera vite. Si cet acte Ier avait bel et bien été magique, c’était sans compter sur la suite du voyage pour en prendre encore plus plein les yeux.