Il y a 25 ans jour pour jour, à 11h précisément, je respirais ma première bouffée d’air sur cette planète. Dès la première seconde, j’ai été accueilli et aimé sur cette Terre que j’aime aujourd’hui explorer. Ma nouvelle famille. Ma mère, cette force tranquille, au mental et courage incroyable, celle qui verse une larme à chaque nouvel avion et que je malmène avec mes envies d’ici et d’ailleurs. Mon père, cette personne talentueuse dans tout ce qu’il entreprend, celui avec qui je partage les sessions de surf, de ski, de vtt et que j’admire en tous points. Celui qui me pousse à aller toujours plus loin, avec la fierté qu’un père devrait toujours avoir envers son fils et qui transpire dans ses yeux. Ma soeur, 20 ans aujourd’hui, mais toujours 10 à mes yeux, celle qu’il faut accepter de laisser voler de ses propres ailes mais qui restera à jamais ce petit être de 4 ans ma cadette, qui m’a transformé à tout jamais en me donnant le rôle de grand frère. Ce sont eux qui m’ont tout appris : sourire, manger, respirer, parler, voir et toucher ce qui m’entoure.

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Je n’ai jamais été téméraire ni même aventurier, j’ai toujours laissé les autres grimper aux arbres ou faire des trucs de casse cou. J’étais ce petit con qui chialait quand mon père voulait m’apprendre le ski ou celui qui râlait dès qu’il fallait randonner en montagne. Celui qui passa sa rentrée de sixième avec les lunettes d’Harry Potter et un survêtement en coton, trouillard de tout, courageux pour rien, qui passait ses mercredis et ses samedis à faire du skate et à promettre à ses parents « que le skate c’est la passion de ma vie et que jamais je n’arrêterais ». J’étais celui qui passait des heures à réviser les maths, à laisser mon esprit divaguer entre les chiffres pour m’effondrer face à la feuille d’interrogation le lendemain, celui qui stressait à l’idée de passer un coup de téléphone ou acheter une baguette. A 10 ans finalement, je me suis dit que le ski ça avait l’air pas si mal et puis tout ce que mes parents voulaient m’apprendre petit, je voulais désormais savoir le faire. A 25ans, je regrette de ne pas les avoir écouté petit pour ainsi mieux me débrouiller dans ces sports. Et puis, du jour au lendemain, je suis devenu presque quelqu’un d’autre : exit le stress, bonjour le bonheur de ne plus avoir à réviser, simplement écouter en cours d’une oreille et être capable d’avoir des notes « au dessus de la moyenne » voire bonnes, je ne comprenais toujours rien aux maths mais je n’avais plus peur de passer un coup de téléphone ou parler aux autres, c’est comme si je m’étais ouvert d’un coup.

memories

Ce nouveau moi, marchait dans les pas de mon père, à apprendre les choses en un clin d’oeil. Je me façonnais petit à petit grâce à mes deux exemples que je côtoyais au quotidien, ceux qui m’ont tout inculqué, ceux qui m’ont tant inspiré. J’ai toujours pris mes parents comme exemple, un brin admiratif et surtout heureux, de voir ce qu’ils ont accompli dans leur vie. Je n’ai jamais été de ceux qui avaient honte que leur parents les dépose au lycée ou encore gêné qu’ils rencontrent mes amis. Non, jamais. Ils sont une fierté et non pas une honte. Si j’en suis là aujourd’hui dans ma vie c’est bel et bien grâce à eux. Un quart de siècle est déjà derrière moi, là dedans 15 ans qui « ne servent à rien » car on est pas encore assez débrouillards pour faire les choses de soi même, et pourtant 15 ans d’une importance capitale pour la personne que je suis aujourd’hui et que je serai demain. Finalement, à 21 ans, je ne grandissais plus vraiment mais je décidais que mes études étaient terminées au profit de la suite de ma vie avec pour but d’élargir mon champ de vision. J’ai pris un avion pour aller apprendre la vie par moi même. Je suis parti en janvier et revenu juillet, je rentrais d’Australie, aussi petit par la taille, mais bien plus grand par l’esprit. J’ai fait mes armes de voyageur mais surtout de jeune adulte, et je ne demandais qu’à remettre ça. J’ai appris à me débrouiller, à m’émerveiller, à pleurer de bonheur face à la beauté de la nature, j’ai vécu là, les six mois les plus enrichissants de ma jeune vie, avant de poursuivre un peu en Asie, en Europe et en Amérique du Nord. On dit toujours que les voyages forment la jeunesse après tout, alors oui dans ce cas, je veux continuer à être jeune toute ma vie. Quand je vois le nombre de rêves que j’ai réalisé en quelques années, alors je me dis qu’il va encore falloir faire preuve d’imagination de toujours continuer à s’accrocher pour réaliser ses rêves, car finalement… il n’y a rien de plus beau que d’en voir un s’accomplir.

Désormais, je ne réserve plus un mais deux billets d’avion pour ces destinations, c’est Samantha qui m’apporte cette épaule au quotidien et ce regard avec qui partager mes voyages, je continue d’admirer le chemin que mes parents ont pris, mais je me sens aussi vivant, passionné et surtout heureux. Heureux d’être aussi bien entouré, ici à Montréal comme à 5 000km de là. Oui, heureux, vraiment, je regarde derrière et suis assez fier du chemin accompli quand je revois ce collégien trouillard que j’étais, et de voir qu’aujourd’hui, je mène ce que je me permettrais d’appeler « une chouette vie ». Je suis un amoureux de la vie et je dois avouer que la tournure que prend la mienne depuis quelques années, m’enchante plus qu’énormément. Je me dis que ces 9 125 jours ont été magiques, et qu’il me tarde de voir ce que me réserve la suite.

Roadtrip washington

new york

intheend

Je ne suis pas de ceux qui râlent parce qu’ils vieillissent, bien au contraire. (Surtout que m*rde, j’ai que 25 ans!). Mais le moment charnière est arrivé, celui où je ne suis plus assez jeune pour avoir mon tarif réduit au ciné mais assez vieux pour ne plus payer le supplément jeune conducteur à la location de voiture.

Bref, aujourd’hui j’ai 25 ans, mais finalement ce n’est qu’un jour de plus qu’hier, et comme le disait Lincoln, in the end, it’s not the years in your life that count, it’s the life in your years.

25 ans après, jour pour jour, je souffle ma première bougie à l’étranger sur cette planète.