Bikepacking fatbike en Écosse avec mon père

Plus tôt cette année, je suis parti pour une aventure très spéciale : 5 jours de bikepacking en fatbike en Écosse avec mon père. L’idée avait germé quelques mois plus tôt comme idée de cadeau pour célébrer son anniversaire. Quelques mois, un paquet d’heures au téléphone et de recherches sur internet plus tard, ça y-est le jour J était enfin arrivé. On s’est retrouvé à l’aéroport direction Inverness au nord de l’Ecosse pour une aventure de 5 jours sur nos fatbikes dans le parc national de Cairngorms dans les Higlands pour 130km en autonomie complète à dormir dans des bothies, des sortes d’abris au confort spartiate disseminés à pas mal d’endroits en Ecosse. Avant de vous raconter tout ça en détail, voici la vidéo de cette aventure.

Matériel

Fatbikes : Bergamont Deer Hunter 6.0 / Scott Big Ed custom
Sacoches : Ortlieb Gravel PackOrtlieb Accessory Pack / Alpamayo Designs top tube bag (plus fabriqué) / Dry bag 25L Décathlon
Couchage : Sac de couchage Cumulus / Matelas Thermarest
Navigation : iPhone + Gaia GPS
Autres : Gourde Klean Kanteen / Kit réparation + soins

Photo & vidéo

Sony a7sII
Sony 28mm f/2
Sony 55mm f/1.8
GoPro HERO7 Black
DJI Mavic Pro

Le récit

Les bothies sont parfois 4 planches de bois, un simple abri ou une énorme ancienne ferme en pierre pouvant accueillir une trentaine de personnes, avec de quoi poser un matelas, se protéger des intempéries et passer la nuit à l’abris. Parfois ils ont un poële, parfois ils n’en ont pas. Ils sont gratuits et ouverts à tous, situés dans des endroits assez reculés pour pouvoir permettre aux randonneurs, bikepackers et autres de trouver refuge pour une nuit ou pour attendre que la tempête soit passée.

Le choix de la destination s’est vite fait. Après avoir déjà découvert l’île de Skye et être parti dans les Highlands écossaises en tournage pour GoPro, je savais que question dépaysement on serait servi. C’est en trouvant la trace et les photos de la Cairngorms Loop que mon choix était acté. Il allait encore falloir tout organiser au niveau de la logistique transport (vol + train), le matériel à emporter, rentrer dans les clous au niveau poids de bagages et pouvoir passer ces 5 jours en autonomie… Mais quoi de plus excitant que préparer de A à Z une nouvelle aventure ?

Très vite dans mes recherches, j’ai compris que transporter les vélos allait nous coûter cher. J’ai finalement découvert que s’ils tiennent dans les dimensions données par la compagnie et qu’on a pas d’autre bagage en soute, British Airways ne facture pas leur transport. Contrairement à des compagnies comme Air France ou EasyJet. Bingo ! Une fois sur place, on a pris un train d’Inverness vers Aviemore, la ville située à l’entrée du parc national. On passera la nuit dans une auberge de jeunesse, rentrant les fatbikes en douce dans la chambre pour les remonter jusqu’à 2h du mat’ avant une bonne nuit bien méritée. Le lendemain, on allait rendre visite à Andy, l’un des pionniers du bikepacking dans la région, que j’aime suivre depuis un moment sur les réseaux sociaux et qui je savais, allait être de bons conseils pour notre séjour.

Le temps de bien discuter avec lui, lui acheter des cartouches de gaz pour le réchaud et 2-3 accessoires et nous repartions, motivés comme jamais, avec un sourire grand comme ça. Bien boostés par cette rencontre avec Andy et surtout excités par cette aventure qui nous attendait. Un petit arrêt au Tesco du coin pour grignotter le repas de midi avant de partir et on réalise que mon père a oublié son pantalon de vtt à la maison. Mission trouvaille de pantalon activée. L’avantage à Aviemore, c’est que les boutiques sont toutes côte à côte. J’y étais déjà passé avec GoPro donc je savais où aller. Le temps de rentrer dans 2 ou 3 magasins et finalement on en trouve un top et pas très cher sans avoir perdu trop temps. Les premiers coups de pédales se font sur le bitume, un dernier message Whatsapp aux proches et c’était parti pour s’enfoncer dans les bois et la montagne écossaise. Très vite, on se retrouve à rouler sur les singletracks dans une forêt calédonienne vraiment sublime. L’objectif du jour est de rallier notre premier bothy à une vingtaine de kilomètre de notre point de départ. Tout se passait pour le mieux quand le déluge s’est abattu sur nous pour ne plus nous quitter. En même temps, si on voulait de la chaleur et du temps sec, on ne serait pas venus en Ecosse. Il en faut plus pour altérer notre bonne humeur. On continue à pédaler (même s’il faut bien l’avouer, la pluie était bien intense.) On finit par arriver à notre bothy, bien trempés mais heureux. Bonheur de fin de journée : on est seuls ici et bien contents de l’être pour prendre nos marques, étendre nos affaires et nous approprier les lieux. La pluie finit par stopper pour quelques heures. On en profite pour couper un peu de bois, prendre une douche avec l’eau de la rivière qui sort par un tuyau qui passe sous le sentier. Un peu plus tard, le réchaud démarre au quart de tour, l’eau boue et on peut se réchauffer avec nos plats lyophilisés. On profite de la fin de journée pour re-ranger nos affaires et échanger nos premières impressions. Finalement 5 belges nous rejoindront plus tard dans la soirée. Ils nous sauveront bien d’ailleurs quand ils dégaineront leurs 3 bûches inflammables pour la cheminée. Faute de bois sec, nous n’avions jamais réussi à faire partir un feu. La chaleur et la flamme nous auront fait le plus grand bien. Être dans ce bothy avec cette ambiance si spéciale marque le vrai début de l’aventure. Il me tardait déjà d’être au lendemain. Mais d’abord, il faut dormir.

> Voir aussi : Mes conseils techniques et matériel pour bivouaquer en hiver

Après une nuit où il ne s’est pas arrêté de pleuvoir, on ouvre les yeux au petit matin pour découvrir que non, la pluie ne s’est pas arrêtée et que le brouillard s’est invité. Adieu chaleur du poêle et abri sec. Bonjour veste étanche et pantalon trempé pour le reste de la journée. On rééquipe les fatbikes et partons en direction du prochain bothy. Une étape courte mais intense nous attend aujourd’hui et on préfère partir tôt, quitte à arriver beaucoup trop tôt et se poser et profiter du paysage. Les deux prochaines étapes sont les parties que j’attends le plus de ce voyage en terme de paysage et de riding. Ce sont les plus reculées, les plus sauvages et a priori, les plus belles. J’ai hâte. Après les premiers kilomètres, une fausse manip’ dans les vitesses en pied de montée et crac, la chaine qui se tord et casse. Le temps de réparer ça, toujours sous la pluie, et on repart. La pluie ne fait que s’amplifier et on n’a toujours pas croisé qui que ce soit. Quelques kilomètres plus tard, on arrive à proximité de la rivière, on en profite pour refaire un petit plein d’eau. Et on commence à s’avancer sur le sentier. On est un peu confus car il y-a deux sentiers très proches et on a dû mal à se décider sur lequel prendre, même sur le GPS. Finalement, on trouvera celui par lequel il faut passer. La pluie ne s’est toujours pas arrêtée, bien au contraire. On croit que le débit est déjà à son maximum au moment où le déluge s’intensifie encore un peu plus. Le sentier est complètement détrempé. Si on peut encore appeler ça un sentier. La pluie diluvienne d’hier et aujourd’hui a ravagé le chemin, creusant des trous d’eau de quarante bons centimètres de profondeur, des flaques de plusieurs mètres de diamètre. Impossible de rouler. On décide donc de pousser et porter le vélo pour passer cette section et voir si ça va mieux plus loin. 200m et 15 minutes plus loin. On comprend vite qu’il nous reste 25km à couvrir aujourd’hui mais que dans ces conditions, ça serait compliqué. On abandonne les vélos pour continuer un peu à pied pour repérer le passage et l’état du chemin. Mais plus on avance et pire ça semble être.

Je rage. Mais mon père a déjà trouvé la solution. Ça serait trop risqué de continuer sous ce déluge, avec les vélos sachant qu’on se retrouverait sans abri et sans aucune certitude de réussir à rejoindre le bothy prévu ce jour là. Je ne veux pas croire qu’on va être obligés de faire demi tour. De ne pas pouvoir faire cet itinéraire qui nous faisait rêver. J’essaie d’avancer, d’insister et de me persuader que ça peut passer. Mais non. La réalité c’est que la météo en a décidé autrement. On est trempés de la tête aux pieds mais on décide quand même de monter la pente plus raide via le second chemin pour voir la vue sur la vallée. Partir et suivre ce second sentier était impossible car il ne nous menait pas du tout là où on souhaitait et surtout il n’y-avait pas de bothy à proximité. Il était inenvisageable de passer la nuit sous le déluge, sans tente ni abris. Mais quitte à faire demi tour et retourner au premier bothy, autant rouler un peu et profiter des paysages, malgré cette pluie qui ne s’arrête pas. On grimpe donc pour finir par découvrir cette magnifique vue sur ce Glen. Après avoir profité de la vue, le déluge nous pousse à ne pas trainer et à reprendre le chemin dans le sens retour pour aller se réchauffer.

Plus tard dans l’après-midi, 5 randonneurs polonais arriveront de là où nous voulions aller. Ils étaient trempés et avaient de la boue à mi-cuisse et ont mis le double de temps prévu. Ils nous confirmeront que même eux à pied, ça avait été très dangereux donc à vélo, c’était impossible compte tenu des conditions climatiques. Même si j’étais toujours déçu d’avoir dû avorter nos plans, le récit de ces randonneurs me conforte dans le fait que c’était le bon choix. Finalement un peu trop bruyants, fétards et pas super polis, nous décidons en fin d’après-midi de reprendre les vélos et retourner à Aviemore pour passer la nuit au sec.

Après une soirée lessive / séchage / recherche d’un nouveau plan pour sauver la fin de notre séjour, on se lève motivés et requinqués… sous la neige ! Il ne manquait plus que ça. Mais nous étions bien décidés à prendre notre revanche et profiter jusqu’au bout.

Finalement la météo aura vite tourné et seulement 5 kilomètres après avoir quittés la ville, la grêle s’est mise à tomber. On continue d’avancer, il nous reste l’après-midi pour boucler les 35km jusqu’au bothy, en temps normal, il nous faudrait 2h mais avec la météo, les bagages, les arrêts photos et les sentiers ravagés par plusieurs orages et crues ces dernières années, il nous faudra près de 8h pour rallier notre point final du jour. On en prend plein la vue, les singletracks sont super ludiques et incroyablement beaux. On prend le temps de faire des images et de profiter du paysage malgré la météo dantesque. La grêle a laissé place à la pluie et à quelques éclaircies et c’est pas pour nous déplaire. Mais en sortant d’une forêt, on reçoit à nouveau quelques flocons. Il fait désormais très humide et le froid pénètre même sous nos vestes. Nos gants sont trempés, on va bientôt devoir les enlever pour rouler à mains nues. La neige s’intensifie jusqu’à devenir une vraie tempête de neige qui va blanchir le paysage au complet en quelques minutes. Pour couronner le tout, j’ai crevé de la roue arrière à une dizaine de kilomètres de notre objectif du jour. Vu la tempête, le jour qui commence à décliner, on décide de regonfler toutes les cinq minutes plutôt que réparer et d’avancer au plus vite entre deux gonflages. La neige finira par se calmer et c’est le froid et l’humidité qui prendront le dessus. C’est sublime. Il n’y-a pas d’autres mots. Les paysages rugueux et escarpés sont recouverts d’une pellicule blanche qui les sublime. On en prend plein les yeux. C’est encore mieux que tout ce qu’on avait pu imaginer. Mais ça caille, ça caille sévère. Je sens mon père vraiment pas au top au niveau de ses mains avec le froid mais je dois avouer que je n’ai pas très chaud non plus.

On finit par arriver à une portion où il n’y-a plus de chemin. Il a été emporté par une crue, tout comme le pont qui devait se trouver quelques centaines de mètres plus bas. Pour passer, on compte sur la chance plus qu’autre chose et on descend une pente très boueuse et très très pentue pour plonger dans un ruisseau à traverser, avant de remonter la portion d’en face, aussi boueuse et aussi raide… Si ce n’est plus. On est seuls au monde c’est beau et dur à la fois. Mais qu’est-ce qu’on est heureux d’être là. On a jamais rien fait d’aussi dur à vélo mais on est tous les deux contents de vivre ça, ensemble et de le partager. Après avoir ramené les deux vélos sur le sentier, on continue à rouler et la neige reprend de plus belle. Finalement, on s’enfonce dans une forêt et on rejoint une piste plus carrossable avant de voir s’ériger au loin, le bothy qu’on était venu chercher. On blaguait depuis quelques kilomètres en se disant qu’un bon thé chaud et une cheminée déjà allumée serait le plus beau des cadeaux après cette journée dantesque. En se rapprochant du bothy, on aperçoit de la fumée qui sort de la cheminée. Alleluia. Ça nous motive à appuyer un peu plus fort sur les pédales pour enfin arriver. Ça y-est, on y-est. Un écossais pur souche, nous attend à la porte, en toute décontraction et non-chalance. Nous passerons la soirée seuls avec lui, à sécher nos vêtements et se réchauffer au coin du feu avec une bonne tasse de thé brûlante après cette dure et belle journée. On ne résistera pas longtemps à gonfler nos matelas et à nous laisser aller dans les bras de Morphée.

Le lendemain matin, on se réveille sous une météo un peu plus clémente, le ciel est gris mais il n’y-a pas d’intempéries. On découvre la vue depuis la fenêtre, le paysage s’est encore plus blanchi pendant la nuit. Il nous faut être ce soir à Aviemore pour prendre le train et rentrer à Inverness le lendemain. On plie bagage, saluons Lawrence et décidons de poursuivre le sentier jusqu’à croiser la route pour rentrer. Refaire le sentier dans l’autre sens aurait certainement pu être chouette. Mais même si la journée de la veille était dure, on voulait garder celle là en tête dans nos souvenirs et ne pas prendre le risque de la vivre moins intensément au retour. On voulait aussi s’assurer de prendre notre train à l’heure et même si un fatbike n’est pas le plus rapide par la route, ça restait l’option la plus directe pour rentrer.

Avant de retrouver la route, il nous fallait tout de même poursuivre un peu sur le chemin et surtout traverser la rivière dont l’eau était à 2°c et rendait nos pieds bleus en quelques secondes. C’était fou, c’était beau. On a traversé à un endroit avec peu de fond et peu de débit pour éviter une situation compliquée. Mais se retrouver là, seuls à traverser cette rivière pieds nus dans nos Crocs dans cette eau glaciale et face aux monts enneigés avait quelque chose de très spéciale et magique. On se serait cru dans un documentaire au coeur de l’Alaska. C’était irréel et magnifique. On en a pris plein les yeux, et ça reste l’un des moments forts de ce séjour.

On rentrera finalement en croisant quelques vaches des highlands et sous la pluie mais toujours entourés de superbes paysages. On passera dire au revoir à Andy pour le remercier et lui donner la cartouche de gaz non utilisée. Le train retour nous ramenait petit à petit à la civilisation, des souvenirs pleins la tête.Finalement, ce n’était pas un record qu’on était venu battre, ni un nombre de kilomètres ou de dénivelé qu’on était venu chercher, mais simplement une aventure dépaysante à vivre ensemble autour de notre passion commune. On avait tout planifié mais rien ne s’était passé comme prévu. Mais finalement, est-ce que c’est pas ça l’aventure ? Est-ce que c’est pas ce qu’on est venus chercher ?


Remonter un vélo gravel de mes propres mains

Il y-a quelques semaines, je me suis décidé à remonter un vélo gravel de mes propres mains dans le but d’en faire une utilisation en bikepacking et en sortie à la journée. J’ai décidé de documenter tout le processus en vidéos et relater mon expérience par ici.

Remonter un vélo gravel oui, mais lequel ?

Je pratique le vélo depuis aussi longtemps que je m’en souvienne mais ai toujours été d’avantage tourné vers le VTT, bikepark et enduro principalement. Je n’ai absolument jamais été attiré par la route, mais notre récent déménagement à Lille, mon éloignement des montagnes m’a ouvert de nouveaux horizons. L’envie de rouler plus loin, plus longtemps, de planter la tente au milieu m’ont fait découvrir le bikepacking il y-a maintenant près de deux ans. Je suis parti en fatbike en Ecosse avec mon père au printemps avec tout notre matos de bikepacking et ce fut incroyable ! (Je bosse sur la vidéo et les photos et vous partage ça bientôt.) L’envie de remettre ça plus souvent ne m’a depuis plus quitté. Si j’ai toujours le fatbike au garage, un vélo typé gravel me semblait être le parfait compagnon à mon fidèle vélo à pneus (très) large.

J’ai acheté l’an dernier un vélo urbain Kona Dew, un vélo correct mais entrée de gamme. Le but était de pouvoir me déplacer en ville sans avoir peur de me faire voler mon fatbike et surtout de me faire un peu moins remarquer qu’avec le gros vélo et d’aller plus vite et plus loin. Très vite, j’ai eu en tête de l’upgrader. Si vous voulez voir à quoi il ressemble d’origine, il est là. Mais est-ce que ça valait le coup de mettre 1000€ d’upgrade matériel dans un vélo acheté 450€ ? Au delà de ça, moi qui ai toujours eu des VTT à la position bien assise et des guidons larges et plats… Comment allais-je m’habituer à une nouvelle position sur le gravel ?

Solution de facilité, l’attrait d’avoir un nouveau vélo et après avoir passé des heures à baver sur des sites ou magazines, je m’étais convaincu de revendre mon Kona Dew et d’investir dans un « vrai gravel ». J’ai très vite retenu le Sonder Camino Al pour son look, sa transmission Sram Apex et la possibilité de monter des pneus larges. J’étais presque décidé à cliquer sur commander mais quelque chose n’y était pas.

J’ai donc continué à écumer les sites, j’ai lorgné un temps sur le Cannondale Topstone, le Kona Rove et d’autres qui dépassaient mon budget ainsi que l’un des freins les plus recurrents entre tous les vélos que j’ai repéré : l’impossibilité de monter plus que du 700×40 comme pneus. Finalement, c’est en regardant la géométrie du Kona Rove et en la comparant avec le mien que j’ai remarqué que les deux cadres étaient très proches. Et si je gardais mon cadre que j’avais presque déjà vendu dans ma tête et que j’en faisais un gravel unique, un modèle que personne d’autre n’a ? L’idée a fait son chemin et je me suis vite retrouvé à y voir les points positifs. Ma seule crainte était : est-ce qu’une fois fini le rendu n’allait pas être bizarre voire cheap ? Evidemment, le look d’un vélo n’est pas sa fonction première (demandez à Samantha, elle ne comprend toujours pas l’intérêt d’un « beau vélo ».) mais ça me tenait à coeur d’avoir quelque chose qui me plait. Je suis un nostalgique des vélos en acier Reynolds et pas très fan des nouveaux vélos de gravel assez typé route. Le colant pipette, ce n’est pas tellement pour moi ! J’aime l’idée de mixer l’univers du VTT, du bikepacking et du gravel, voilà pourquoi je me suis décidé à mélanger des pièces de ces deux univers.

Remonter un vélo gravel de mes propres mains

Je ne suis pas mécano vélo, mais quand j’étais étudiant, je passais mes étés comme vendeur cycle chez Décathlon, j’avais donc quelques bases en mécanique. Au point de savoir de monter mon propre vélo de A à Z ? Je ne pense pas. Mais le challenge me plaisait, j’étais excité comme un gosse à noël. J’ai pris quelques jours pour digérer l’idée et me confirmer que c’était le bon choix avant de faire chauffer la CB.

Ça y-est, j’avais fait mon choix de pièces et commandé ma transmission, mes roues, guidon, guidoline et j’en passe. J’allais relevé ce challenge, sans vraiment savoir où j’allais, mais j’y allais. Quitte à remonter le vélo moi même, et connaissant ma passion pour l’image, je me suis rajouté la tâche de filmer le process tout au long du remontage. Bien inspiré par les vidéos « Dream Build » VTT de Gee Milner. Les questions vélo et vidéos se mélangaient dans ma tête : comment j’allais filmer ça avec les doigts plein de graisse ? Comment varier suffisamment les angles alors que je suis tout seul et qu’avec un trépied ? Quelles pédales je prends ? Est-ce que je vais réussir à régler les vitesses ?

Mais s’il y-avait bien une chose à laquelle je ne voulais pas renoncer, c’est bien de le faire moi. D’abord pour la fierté de l’avoir fait de mes propres mains. Ok c’est pas une voiture mais l’idée me plaisait vraiment. Surtout, mon but en démontant et remontant mon vélo moi même était que j’allais acquérir des connaissances nouvelles, et donc être en mesure à l’avenir de faire l’entretien complet de mon vélo. Ce n’était pas le leitmotiv principal, mais en cumulant tout ça, j’allais aussi réalisé de belles économies.

Remonter un vélo gravel, quel matos j’ai choisi

J’avais plusieurs critères en remontant mon Kona Dew : passer sur un cintre gravel, en mono-plateau et 11 vitesses à l’arrière, pouvoir monter une section de pneus large et améliorer le freinage.

J’ai passé un nombre d’heures incroyable sur internet à regarder mes possibilités de montage. J’aimais le fait que j’étais totalement libre ou presque. J’ai donc décidé de passer en mono-plateau et 11 vitesses. Je roule en 1×10 en VTT et fatbike depuis des années et sur mon Kona, je me suis aperçu que j’étais tout le temps sur le plateau du milieu en 38 dents et que je n’allais jamais sur le plus gros ou le plus petit, et que je changeais tout le temps les vitesses mais qu’un 11-36 derrière manquait de polyvalence hors ville. J’avoue aussi que je préfèrerais le look du mono-plateau et j’allais gagner un peu en poids en retirant le derrailleur avant et la manette qui lui est liée. J’ai donc décidé de reprendre un plateau de 38 avec lequel je me sens bien (même si je sais que la plupart roulent en 40, 42 voire 44, le 38 correspond bien à ma façon de rouler) et une cassette 11 vitesses en 11-42. J’ai donc porté mon choix sur une transmission complète SRAM Apex.

Quand on entreprend de grosses modifications sur un vélo, la compatibilité entre les pièces est un élément crucial. Quelques échanges par email avec le SAV Kona (merci Kona pour les précieux conseils !) et j’avais la confirmation que je pouvais bien monter un boitier de pédalier GXP Sram / Truvativ. Parfait. J’avais commandé un pédalier Sram Apex en 42 dents mais j’ai vite déchanté en m’apercevant que mon cadre m’oblige à avoir un pédalier de VTT, sans quoi les manivelles route comme l’Apex viennent taper contre les bases arrière du cadre. Grosse désillusion, je ne l’ai pas vu venir. J’ai appelé Pro Bike Shop (là où j’avais commandé mon vélo quelques mois plus tôt), et encore une fois le service client a été d’une aide précieuse. Plusieurs personnes chez eux séchaient à ne pas comprendre pourquoi ça buttait dans le cadre. Mais finalement, l’un d’eux me rappelle avec la solution. La différence de Q Factor (déport) entre une manivelle VTT et route peut être suffisamment conséquent pour faire la différence. J’ai donc commandé un pédalier route compatible avec mon boitier de pédalier, mon choix s’est donc porté sur un Sram NX malheureusement livré en 32 dents. J’ai donc pris en complément un plateau Stronglight (made in France. Cocorico !) en 38 dents. Et miracle, la solution était donc là !

J’ai opté pour une paire de roues HUNT 4 season gravel disc en 700. J’ai longtemps hésité avec les MASON x HUNT en 650b. Le 650 était un avantage pour moi étant petit et l’idée de mettre des pneus larges me séduisait. En revanche, compte tenu du terrain relativement roulant sur lequel je vais principalement utiliser ce vélo, le 700 semblait être le plus logique pour ne pas être trop à la peine sur la route et les sentiers roulants. Je ne pensais pas autant être bluffé par un changement de roues mais là je suis scotché. Ce qui me plaisait c’était aussi la possibilité de rouler aujourd’hui en axe rapide de 9mm et si demain je change de cadre et de fourche, de pouvoir facilement passer en axe traversant.

Si j’adore mon KONA Dew, l’une des choses qui ne m’a jamais mise en confiance, c’est bien le freinage. Les Tektro mécaniques d’origine sont peut-être bien, mais habitué à rouler en VTT avec des freins hydrauliques relativement hauts de gamme en 180mm ou 200mm depuis pas mal d’années, je ne me sens absolument pas en sécurité avec ces freins à disques mécaniques. Même si l’investissement allait être supérieur, il était clair que je partirais sur les freins Sram Apex hydrauliques. Le tout sera monté sur un cintre Ritchey VentureMax Comp en 44cm.

Etant petit, l’une des plus grosses contraintes venait de la potence. Mon cadre est déjà en 48 et la potence d’origine en 60mm m’éloignait trop des cocottes. J’ai donc opté pour une potence VTT, une Answer Atac en 31mm… Difficile de faire plus court ! Je verrai ensuite avec le temps comment peaufiner ma position. Mais je laisse le temps au temps, mes futures sorties seront le meilleur moyen d’ajuster ma position. Je sens déjà une nette amélioration en étant passé sur une potence ultra courte comme celle-ci.

Pour résumer… je n’ai pas gardé grand chose du vélo d’origine. J’ai donc conservé le cadre, la fourche, le collier de selle, la tige de selle, les disques de frein et le jeu de direction. J’avais déjà monté les pneus Schwalbe G-One All Around en 35mm et ai décidé de les conserver tant qu’ils ne sont pas usés, je les remplacerai par une section plus large type Panaracer Gravel King SK 43. Le JDD va être changé prochainement pour un plus qualitatif, mais tout le reste a été remplacé. J’ai été agréablement surpris de tomber à un poids de 10,6kg, gagnant plus de 2kg par rapport au poids du vélo d’origine.

Voici la liste du matériel monté sur mon Kona Dew:

Cintre Ritchey VentureMax Comp 44cm
Guidoline Ritchey WCS Pave
Potence Answer Atac 31mm
Manettes Sram Apex hydro 1×11
Derrailleur arrière Sram Apex 11v – chape longue
Cassette Sram 11-42
Chaine Sram 11 vitesses
Pédalier Sram NX
Plateau Stronglight 38T
Pédales CrankBrothers Candy 3
Roues HUNT 4-season gravel disc
Selle Ergon SMC-4 M (que j’avais sur mon fatbike)
Pneus Schwalbe G-One All Around 35mm

Remonter un vélo gravel, comment je m’y suis pris et ce que j’ai appris

Après avoir commandé un pied d’atelier, mon kit d’outils manquants, j’allais pouvoir attaquer. J’ai commencé par dépouiller tout le vélo de ses pièces d’origine pour le nettoyer de fond en comble et partir d’une base saine et propre. J’ai suivi quelques tutos sur YouTube notamment les chaines de ParkTool (anglais) et ProBikeShop TV (français) pour m’éclairer sur certaines parties que je maitrisais moins. Je ne garantis pas que j’ai fait les gestes qu’un vrai mécano vélo ferait, c’est pourquoi ni cet article ni cette vidéo ne sont des tutos, mais une simple illustration de mon expérience.

J’ai pris mon pied à faire ce projet. J’ai eu la sensation d’apprendre des choses à chaque étape, pour chaque pièce remontée et c’était jouissif d’augmenter mon savoir, de réussir et valider chaque étape pour passer à la suivante. Je pose aussi un regard différent sur mon vélo, l’envie d’en prendre encore plus soin après y avoir mis autant d’heures de recherches et d’énergie. Si c’était à refaire, je referai tout pareil, sans rien changer. J’ai adoré apprendre, tout en mêlant ma passion pour le vélo et l’image. Si cet article peut vous donner des idées alors j’en serais ravi. Je l’ai avant tout écrit pour décrire mon expérience, ayant eu du mal à trouver des personnes ayant fait quelque chose dans cette veine là. J’ai très peu roulé avec depuis la fin du montage, il me tarde de faire une sortie longue avec mais aucun regret pour l’heure et je suis fan du comportement joueur que j’ai réussi à conserver et que je ressentais d’origine avec ce vélo mais en ayant désormais une monture plus véloce, légère et fun à piloter. Pour l’instant je vais continuer avec ce vélo et je verrai dans quelques années lorsque je souhaiterai faire évoluer mon cadre et ma fourche. Brothers Cycles, I’m looking at you!

Je reviendrai dans quelques temps sur mon setup bikepacking quand j’aurai fini de le peaufiner. De toute façon, cet article est déjà bien trop long.
Bravo si vous êtes arrivés au bout ! En tous cas, moi j’ai pris mon pied sur ce projet, maintenant il reste plus qu’à rouler et s’amuser à découvrir cette nouvelle région qui est désormais mienne.


Conseils pour partir en bivouac en hiver

Partir en bivouac aux beaux jours, c’est bien, partir en bivouac en hiver : c’est froid mais c’est tout aussi magique, si ce n’est plus. Ce n’est un secret pour personne, l’idée de passer une nuit en pleine nature, surtout en montagne, est l’une des choses qui me plait le plus dans ma pratique de sports outdoor. Je ne suis pas encore allé jusqu’à l’étape de poser le matelas dans la neige sans abris ni rien mais c’est sur ma liste. On a vite tendance à ré-attaquer les beaux jours au printemps quand les journées sont plus longues et la météo est plus douce. Toutefois, il y-a quelque chose de spécial de partir en bivouac en hiver. On est bien souvent tout seul. On fait sa trace à la montée sans croiser âme qui vive, si ce n’est quelques animaux. Il y-a un silence happant et une ambiance particulière.

L’hiver, les deux plus gros points à prendre en compte quand le moment est venu de préparer un bivouac, c’est le froid et l’orientation. Les paysages immaculés sont sublimes mais on peut vite perdre le fil et le froid est forcément omniprésent et un facteur pré-pondérant à votre aventure. Bien planifier un bivouac en hiver est donc primordial pour éviter de se mettre dans une situation délicate.Read More


Week-end outdoor et VTT aux Ménuires

Le week-end dernier, je suis parti pour un week-end VTT aux Ménuires, invité par la station savoyarde pour venir la découvrir en version été. C’est un secret pour personne, je suis un amoureux de la nature et j’essaie de passer un maximum de temps en montagne. Je suis parti avec Alex, mon meilleur pote depuis la fin des années collège, avec qui j’ai connu mes premières sorties VTT il y-a plus de 10 ans. Le rendez-vous était donné à 8h en ce vendredi matin. Alex passe me récupérer, on charge les duffle bags, le matos photo et les protections dans le coffre et on s’échappe de Lyon pour 3 jours au vert. 2h30 de route plus tard, nous voilà au pied de la Croisette, la place centrale de la station, prêt à profiter de ce week-end VTT aux Ménuires.

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Balade en fatbike sur la plage dans les Landes

Il y-a quelques semaines, je suis parti en famille dans les Landes, comme quand on était gosses. Ça faisait des années que je ne pars plus en vacances avec mes parents et ça fait du bien de voir ressurgir les bons souvenirs de mon enfance dès qu’on arrive à destination. En partant, on a pris les planches de surf comme quand j’étais ado et cette fois on a rajouté les fat bikes avec dans l’idée de se faire une balade en fat bike sur la plage.

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Mes 8 livres aventure outdoor et récits de voyage préférés

Je ne suis pas un grand lecteur mais pourtant, rien ne me donne plus envie de paqueter mon sac et partir à l’aventure que lire des livres aventure outdoor et des récits de voyages. J’ai donc listé ici, ceux qui m’ont le plus inspiré, et fait voyager à ce jour.

J’ai beau avoir un bac L, je ne suis aucunement critique littéraire (je suis même très mauvais à ça). Vous trouverez donc ici la liste des livres aventure outdoor qui m’inspirent et dont l’histoire m’a captivé, tout simplement. Soit pour le récit d’une histoire poignante soit pour l’envergure de l’expédition et bien souvent pour la sincérité des mots et des moments qui sont retranscrits, qui m’ont fait me plonger pleinement dans l’univers de chacun de ces récits.

MA SÉLÉCTION DE LIVRES AVENTURE OUTDOOR

« 180° South : Conquerors of the useless »Yvon Chouinard, Chris Malloy

J’ai découvert cette histoire par le biais du film éponyme réalisé par Jeff Johnson et Chris Malloy. 180° South retrace l’aventure de Jeff Johnson, grimpeur, surfeur et ambassadeur Patagonia, sur les traces des premières ascensions andines d’Yvon Chouinard, Tom Frost et Doug Tompkins en Patagonie à la fin des années 60. En 2007, Jeff Johnson a décidé de tout plaquer pour partir 6 mois à bord de son voilier pour tenter de revivre l’aventure de Chouinard et sa bande, en quête de nouvelles vagues jamais surfées et de nouveaux sommets à gravir. Le livre 180° South : Conquerors of the Useless vient étayer l’histoire du film avec des photos d’époque de l’aventure d’Yvon Chouinard en 1968 et celles de l’aventure de Jeff Johnson. Un livre de chevet que j’aime feuilleter de temps en temps, encore fasciné, des années après par le message qui se dégage de ce film documentaire et de ses protaganistes. Inspirant est un mot bien faible pour le qualifier.

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Un Tocard Sur Le Toit du Monde – Nadir Dendoune

Cette histoire on en a entendu beaucoup parlé ces derniers mois suite à son adaptation au cinéma. Je crois que c’est l’un des premiers livres aventure outdoor que j’ai lu et c’est toujours celui que j’ai dévoré le plus rapidement. La première et quatrième de couverture m’avaient inspiré un jour de 2012, en me baladant dans une librairie, à acheter ce livre. J’ai commencé à feuilleter quelques pages et je ne me suis plus arrêté jusqu’à 3h du mat’ pour arriver au bout. Le ton est léger et plein de touches d’humour. C’est l’un des rares livres où je me suis vraiment identifié au héros qui sortait de nulle part et qui a tenté l’impossible, tout au long du livre, on envie qu’il y-arrive mais on ne veut pas tourner les pages trop vite pour vraiment savourer ce pari fou qu’il est en train de mettre sur pied : gravir la plus haute montagne du monde, l’Everest, sans aucune expérience.

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« Le monde en stop. 5 années à l’école de la vie » – Ludovic Hubler

Avant de commencer sa vie professionnelle, Ludovic Hubler, jeune français de 25 ans, décide de tout claquer et partir en tour du monde en stop le 1er janvier 2003. Ce livre est le récit de cette aventure magique de ces 5 années passées sur les routes du monde et à l’école de la vie. On suit Ludovic dans ses galères pour faire du bateau stop par exemple mais aussi dans les bons moments de ces quelques 170 000 kilomètres parcourus, 59 pays traversés et plus de 1 300 conducteurs pour réaliser un périple grâce au lever de son pouce. Une aventure humain incroyable de l’Antarctique aux Etats Unis en passant par le Sahara à la seule force de son pouce. Un récit de voyage aventureux qui fait rêver, qui donne envie de faire son sac et suivre ses traces. Si vous ne l’avez jamais lu, c’est un must have dans une bibliothèque de voyageur.

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« Tragédie à l’Everest » – Jon Krakauer

J’adore le style d’écriture de Jon Krakauer, on le sent vivre ses expéditions et il sait les retranscrire incroyablement bien, à mon sens. Ce roman d’aventure est l’un de mes préférés, bien que l’histoire soit relativement noire. En mai 1996, Jon Krakauer est envoyé par le magazine Outside pour documenter une ascension de l’Everest. Problème, le 10 mai 1996, la journée sur l’Everest tourne au cauchemar et fut le théâtre d’une véritable hécatombe avec 8 alpinistes tués par la tempête. Le journaliste a survécu et raconte tout dans ce livre poignant et palpitant.

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« Laissé pour mort à l’Everest » – Beck Weathers

Ce livre va avec « Tragédie à l’Everest ». Beck Weathers faisait partie de l’une des deux cordées à tenter de gravir le Toit du monde le 10 mai 1996. On découvre un récit de cette tragédie d’un second point de vue, celui de Beck, pris dans la tourmente et laissé pour mort à l’Everest et comment il a réussi à trouver la force malgré le visage lacéré par le frois, les yeux presque aveuglés et les mains gelées, à redescendre au camp 4 à 8000m d’altitude.

Ces deux livres m’ont vraiment marqué, et montrent la capacité de l’être humain à pouvoir se dépasser au delà de l’entendement parfois. Avoir 2 récits d’une catastrophe de cette envergure est unique, bouleversant et très prenant. Et ce dès les premières pages des livres.

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« On a roulé sur la Terre » – Alexandre Poussin et Sylvain Tesson

J’ai lu ce livre il y-a quelques années, quand, avant de partir en Australie, mon premier voyage hors d’Europe, je songeais à voyager à vélo. Ayant toujours été passionné de VTT et d’aventures au long cours, la lecture de ce récit de voyage m’a permis de m’évader comme si j’y étais. Entre les (nombreuses) galères du voyage à vélo mais aussi les belles rencontres et les bons moments partagés tout au long de ce périple incroyable, le roman nous emmène pour un sacré périple de 25 000kms à travers 31 pays, où l’on se retrouve à vouloir défiler les pages au même rythme que les paysages pour voir comment chaque situation se termine et s’ils vont continuer. Quelle aventure !

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« Let My People Go Surfing » – Yvon Chouinard 

Moins récit d’aventure que les autres présents dans cette liste, « Let My People Go Surfing » est en quelques sortes ma bible. Aussi appelé « Confessions d’un entrepreneur pas comme les autres », dans ce livre, Yvon Chouinard, créateur de la marque Patagonia, y parle de ses jeunes années passées à grimper à Yosemite en Californie puis à débuter « Chouinard equipment co. » pour fabriquer dans un hangar du matériel d’escalade plus solide et performant que celui conçu à l’époque. Au fil des pages, on suit Yvon Chouinard et sa bande dont Tom Frost and Doug Tompkins, le créateur de The North Face, dans leur conquête des plus belles parois et des plus beaux sommets des Andes à gravir. C’est aussi toute l’histoire de la marque Patagonia et le pourquoi du comment de la philosophie de cette marque si unique, engagée pour la protection de l’environnement. Let My People Go Surfing est le livre, genre de manifeste de l’entreprise, que chaque employé de Patagonia doit lire en entrant au sein de la société. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’après l’avoir lu et même après plusieurs lectures, je n’ai qu’une envie : travailler chez Patagonia tant la vision, les valeurs et l’éthique de Chouinard perdurent encore aujourd’hui. Ce n’est d’ailleurs pas anodin, si notre association s’appelle Captain Yvon.

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« Dans le sillage des Favre en mer » – Muriel Andrey Favre

Une famille suisse décide de tout plaquer et partir en tour du monde avec leur voilier « Kangaroo ». J’ai tout de suite été séduit par le concept quand je l’ai découvert et ils ont réussi à (presque) m’embarquer sur leur voilier avec eux. On y suit leur quotidien de voyage, de découverte de nouvelles cultures mais aussi la routine de l’école à distance dans la cabine du bateau, la relation parents-enfants en voyage longue durée et surtout, on découvre tous ces pays par lesquels ils passent, à travers les yeux d’une famille soudée. Les contacts se nouent facilement entre les enfants, ce qui crée des rencontres et des anecdotes que j’ai adoré.

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J’espère que cette sélection de livres aventure outdoor et récits de voyages vous aura plus. J’ai volontairement écarté Into The Wild de la liste car je pense que bon nombre d’entre vous le connaissent déjà et je préférais mettre l’accent sur des livres un peu moins populaire. Quoi qu’il en soit, si vous avez des recommandations sur d’autres livres aventure outdoor ou voyages, n’hésitez pas à les laisser en commentaire.


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Conseils pour préparer et partir en randonnée bivouac

En manque d’aventure ? Et si la solution était de tenter l’expérience et partir en randonnée bivouac ?

Avec l’afflux de belles images de montagne sur les réseaux sociaux comme Instagram, on peut très vite être tenté de tenter l’aventure bivouac en montagne. C’est l’une de mes micro-aventures préférées et si elle est accessible à un grand nombre, il faut toutefois ne pas oublier que ça se passe en montagne et qu’il est important de ne pas négliger les préparatifs. Préparer et réussir une randonnée bivouac en va de votre sécurité en montagne, voici donc quelques conseils tout droit tirés de mon expérience personnelle.

Disclaimer : je ne suis pas guide ni professionnel de la montagne, ce sont donc des enseignements et leçons uniquement tirées de mon expérience personnelle à force de partir en randonnée bivouac depuis plus de 4 ans.

Choisir de partir en randonnée bivouac accessible pour une première fois et bien connaître sa forme.

Bien qu’étant accessible au plus grand nombre, il est important à mon sens de ne pas négliger le fait qu’un bivouac se passe en pleine nature et donc qu’il y-a plusieurs éléments qu’on ne maitrise pas et donc qui peuvent avoir un impact sur notre sécurité (la météo, la difficulté physique et technique du parcours, la praticabilité en fonction de la saison,…). Il est donc primordial de ne pas se sur-estimer avant de se lancer pour sa première randonnée bivouac. Il vaut mieux rentrer en se disant qu’on en veut encore plus la prochaine fois que rentrer dégoûté de l’expérience.

Pour quelqu’un qui n’a pas spécialement l’habitude de randonnée, je recommanderais pour les premières de partir en randonnée bivouac avec moins de 700m de dénivelé positif, c’est déjà une randonnée plus qu’honorable et qui peut permettre d’atteindre des sommets vraiment canons.

Au fil de mes sorties en montagne, je sais quel type de paysage me plait plus que d’autres et sur quel type de terrain j’aime évoluer. Avec l’expérience, ça me permet donc d’être plus exigent sur les endroits que je cible pour vraiment en prendre plein les yeux. Etant passionné de belles images, la dimension visuelle du lieu où je randonne est primordiale dans mon choix. La nature est toujours belle mais j’aime aller dans des endroits qui me dépaysent et m’apportent ma dose d’aventure dont j’ai vraiment besoin.

Trouver où partir en randonnée bivouac

Pour mes préparatifs avant de partir en randonnée bivouac, j’utilise le site d’Altitude Rando qui est une mine d’or selon moi. Je cherche des randonnées qui correspondent à mon envie du moment en terme de paysage, massif montagneux, difficulté, dénivelé… J’aime aussi trainer sur Camp to Camp pour approfondir les recherches sur un sommet ou une rando. Lorsque je vise des week-ends randonnée bivouac de mi saison type printemps ou début d’hiver, je vérifie l’enneigement en regardant les récentes sorties postées par les membres du forum de Skitour. J’ai souvent planifié une rando dans un coin, tout préparé et puis à 2 jours du départ, je fais un tour sur le forum et là, je découvre que quelqu’un était dans le secteur en ski de rando. Je recommence donc de zéro dans ces cas là pour trouver une autre randonnée dans un autre massif ou moins élevée pour ne pas rencontrer la neige et ne pas atteindre mon objectif.

Une fois la randonnée trouvée, il convient de vérifier si on est autorisé à bivouaquer là où on va. Pour ça, le mieux reste de contacter l’Office de Tourisme à proximité du point de départ de la randonnée ou le parc dans lequel vous allez évoluer pour poser la question.

Tâchez de partir au moins à deux, une blessure ou un accident est vite arrivé et puis c’est plus fun quand on le partage. D’un point de vue sécurité, laissez aussi les infos à un proche qui ne vient pas avec vous pour qu’il sache précisément où vous allez et quand vous prévoyez de revenir… au cas où, si vous n’êtes pas rentré à l’heure prévue, pour lancer des recherches en conséquence. Enfin, n’oubliez pas de partir avec un téléphone portable, même si parfois ça ne capte pas, on trouve souvent des endroits avec du réseau en montagne et ça peut littéralement vous sauver la vie en cas de besoin.

Vérifier la météo jusqu’au dernier moment

Se prendre un gros orage en montagne n’est jamais fun et peut vite être dangereux. J’ai le souvenir d’une sortie aux Aiguilles de Chabrières dans les Hautes Alpes, où j’étais dans la tente prêt à dormir quand l’orage est arrivé sur nous et qu’à 23h, on a du redémonter tout le campement installé 3h plutôt et redescendre à toute vitesse avant qu’il n’arrive sur nous. Grand bien nous en a pris, car en arrivant à la voiture à 2h du matin, la grêle s’est mise a tombé, la pluie n’a pas cessé et le vent a soufflé très fort. Si on était resté sous la tente, ça aurait très vite pu partir en live.

C’est le genre de situation à éviter, surtout lorsqu’on décide de partir en randonnée bivouac pour la première fois et donc sans expérience. En montagne, il faut être lucide sur sa forme mais aussi sur les éléments qui nous entourent. Même si parfois ça fait mal de devoir faire demi tour, il faut être humble et raisonnable face à la nature car tout peut très vite tourner. Il est donc crucial de bien vérifier la météo les jours précédents la randonnée, et le matin même avant de partir, puis re-vérifier le bulletin météo local en se rendant ou en contactant l’office de tourisme ou la station locale.

Pour un premier bivouac, je vous conseillerais de tenter l’expérience fin de printemps ou pendant l’été, il y fait plus chaud la journée mais les nuits ne sont en général pas trop froide pour éviter la surprise de la tente gelée au petit matin et ne plus fermer l’oeil depuis 2h du matin car on est congelé sous la tente, à attendre désespérément que le soleil se lève pour réchauffer le corps.

Partir bien équipé est primordial

Pas facile de partir en randonnée bivouac en ayant directement le bon matériel et pourtant il en va de votre confort et de votre sécurité que d’être bien équipé.

Au moment de s’équiper, la clé est de trouver le bon équilibre entre poids / qualité / budget tout en évitant de surcharger le sac à dos car il n’y-a rien de pire qu’un sac à dos beaucoup trop lourd qu’on garde sur les épaules pendant plusieurs heures. Vous lirez beaucoup dans ces lignes que partir léger est primordial. Si acheter du matériel light aide grandement, une grande partie du poids du sac initial peut être réduit si on est rigoureux et strict dans le tri. Randonner léger c’est surtout apprendre à se passer de ce qui n’est pas nécessaire.

Je pars le plus souvent en bivouac en moins de 24h, en démarrant ma rando en début d’après-midi et en revenant le lendemain dans la matinée. Pour ce type de sortie courte, je conseille d’opter pour un sac à dos de 35L / 40L mais évitez plus, car plus on a de place, plus on est tenté d’en mettre et donc d’alourdir le sac. J’utilise un sac à dos Millet Ubic 40 dont je suis pleinement satisfait pour son rapport poids / qualité / prix / confort, un matelas auto-gonflant isolant pour ne pas avoir de déperdition de chaleur par le sol et un sac de couchage en duvet naturel qui permet de dormir confortablement avec des températures autour de 0°c / -1°c.

Un bon bivouac passe aussi par une bonne nuit à passer sous la tente. Outre le fait d’opter pour une tente légère et robuste, avoir un bon sac de couchage est primordial. Même en été en montagne, la nuit, la température peut descendre proche du zéro autour de 2500m d’altitude. Faire le choix d’un bon sac de couchage chaud, compact et léger peut vite couter plusieurs centaines d’euros mais c’est l’un si ce n’est LE choix à ne pas négliger. Au moment du choix, pensez à regarder la température de confort plus que la température minimale, mais aussi le poids et l’encombrement dans le sac. C’est en faisant attention à ces détails qu’on finit par partir avec un sac pas trop lourd, car n’oubliez pas qu’il y-a aussi l’eau et la nourriture à transporter en plus du matos pour être au chaud, le matériel pour se faire à manger, etc…

Je reviendrai prochainement dans un article dédié sur le matériel indispensable à emporter pour une nuit en montagne.

S’hydrater et s’alimenter correctement

L’alimentation et l’hydratation sont des points non négligeables à soulever avant le départ. Selon où vous allez, regardez s’il n’y-a pas un refuge sur le chemin où vous pourriez re-remplir en eau potable par exemple, sinon prévoyez suffisamment d’eau pour tenir pour votre effort à la montée, pour le soir et le lendemain matin. On parle en général de 0,5L d’eau par heure d’effort, mais tout dépend aussi vos besoins si vous buvez beaucoup ou non. Dans tous les cas, le corps perd beaucoup d’eau, surtout pendant l’effort et par fortes chaleurs (ou froid !), ne négligez pas l’eau que vous emmener pour éviter la déshydratation.

Pour se nourrir, prévoyez des aliments riches en calories pour tenir face au froid notamment. Rien de tel que des biscuits petit dejeuner type Belvita à glisser dans le sac en plus de barres de céréales notamment à grignoter en cas de fringale ou au petit dej’.

Les fruits secs et les noix sont aussi bons à emporter et consommer en montagne. Pour le dîner c’est selon vos choix et ce que vous voulez porter. Tâchez d’opter pour un dîner pas trop lourd mais qui tienne au ventre et vous permette de vous faire plaisir après l’effort et surtout de récupérer des efforts du jour et anticiper ceux du lendemain. La nourriture lyophilisée peut être une bonne solution pour réduire l’encombrement et le poids dans le sac.

Respecter le Leave No Trace

Dernier point et non des moindres avant de partir en randonnée bivouac et partout en pleine nature : respecter le Leave No Trace. Qui aime arriver dans un endroit en pleine nature, se sentant seul au monde, mais découvrir des détritus, canettes et autres déchets laissés par d’autres randonneurs ? Personne… alors pourquoi le faire ?

Si on est capable de transporter sa nourriture pleine dans son sachet à l’aller, on a aucune excuse pour ne pas redescendre les emballages vides, car le sac est encore plus léger au retour du fait d’avoir consommer leur contenu. Je vous invite à lire les  7 principes de Leave No Trace sur le site de l’association. Tout est plutôt affaire de bon sens, mais a priori, tout le monde n’a pas la même définition de bon sens 🙂

J’espère que cet article d’avantage orienté outdoor pour partir en randonnée bivouac vous a plu. N’hésitez pas si vous avez d’autres questions à les poser dans les commentaires… je prépare d’autres articles pour lui faire suite.


À la recherche de (micro)aventures sur et en dehors des sentiers, toujours un appareil photo à la main. 

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