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21 novembre

ITW – Borealis Laponie

Aujourd’hui je vous propose un tout autre univers, bien loin de l’Inde de Godsavetheteatime. Mettez vos parkas, on part au Nord mais le nord nord !
+ Alors, Tania est ce que tu pourrais te présenter en quelques mots pour qu’on situe un peu d’où tu viens, ce que tu fais

En quelques mots, ce serait : je viens de la région Orléanaise, j’ai 22 ans, j’ai fait BAC L + Conservatoire d’Art Dramatique + BTS Audiovisuel (ça c’est pour dire que oui, en faisant BAC L, on peut faire de l’audiovisuel :D) + licence pro et donc maintenant je suis monteuse/cadreuse vidéo en CDI et en freelance sur Paris !



+ Peux tu nous dire aujourd’hui, quel est ton projet que l’on peut découvrir sur ton blog http://www.borealis-laponie.com ?

Ce projet est né il y a presque 2 ans, j’ai toujours été passionnée par les raids humano-canin : j’ai du lire trop de Jack London dans mon enfance. Et à 20 ans ma famille a eu l’excellente idée de m’offrir un raid en traîneau à chiens dans le Jura. J’y ai rencontré des mushers (conducteurs de traîneaux) qui m’ont parlé de leur métier, de la hiérarchie de leurs meutes, de l’intérêt de les observer, de vivre avec… Et puis de leurs contacts en Laponie ! J’ai donc échangé des mails avec Steph&Rémy, un jeune couple de mushers qui vivent en Laponie Suédoise, j’ai cherché des partenaires et écrit un script et des interviews afin, dès le 10 Janvier, de tourner un web-docu/fiction sur le quotidien de jeunes Français expatriés là-bas pour vivre leur passion.


+ Comment est née l’idée d’un tel voyage ?

En France, beaucoup de gens sont persuadés qu’il n’y a qu’outre-Atlantique ou en Sibérie où l’on peut découvrir des paysages nordiques déserts, féeriques, aux lumières mystiques. Là en 3h d’avion vers le Nord (bon ok je ne compte pas les escales) je suis en Europe, dans la dernière région nordique (presque) inhabitée, « brute de pomme ». Je suis une grande fanatique des paysages du Canada, mais nous n’avons pas tous les moyens de s’y rendre pour un raid de 4 jours. C’est donc l’occasion de découvrir une région bien méconnue et bien entendu de vivre un défi sportif aussi.




+ La Suède n’est pas si loin de la France, mais la taïga est loin d’être un paysage connu aux yeux d’un touriste lambda, et encore moins la culture des peuples qui l’habitent peux tu nous en dire un peu plus et nous mettre l’eau à la bouche ?

J’y vais pour la découvrir cette culture ! Donc à présent je ne peux pas en dire beaucoup, j’espère avoir beaucoup de choses à raconter à mon retour. Mais de ce que j’en sais, en Laponie il y avait (et encore un peu maintenant) des peuples nomades appelés « Saàmis », des éleveurs de rennes, tout comme en Mongolie. Le nom qu’on leur donne plus souvent est « Lapons », sauf que cela signifie « vêtu de guenille », donc ils n’aiment pas ça ! Il reste encore des éleveurs de rennes et même des conducteur de traîneau à rennes, j’ai peur que ceux-là ne soient que des attrapes-touristes qui viennent à la période de Noël, je verrais bien !
En Janvier la température avoisinera les -30°, la circulation se fait donc plus en moto-neige et traîneau qu’en voiture, le sport régional est donc plus le hockey que le foot, le passe-temps favoris le sauna ! Il y a des saunas partout ! Ce sera aussi la période des journées courtes : 3h de soleil, donc une lumière crépusculaire la journée et, nous l’espérons, des aurores boréales la nuit.



+ As-tu déjà pu experimenter un voyage de ce type auparavant ou ca sera une grande première pour toi ?

Ce sera une grande première pour moi, pour nous car je ne pars pas seule : mon ami Guillaume Temps se joint à moi sur le tournage/voyage. Et j’en suis très heureuse, être épaulée sur ce genre de projet est un regain de motivation au bout de deux ans de préparations. Je ne m’attends pas à être à l’aise avec la températures et les nuits sous tente dès mon arrivée, c’est une vie que je ne connais pas, les nuits longues, les 36 couches de vêtements, du blanc à perte de vue… Nous souhaitons aussi nous filmer même dans les moments difficiles, avec auto-dérision si nos lèvres gercées par le froid nous permettent encore de sourire :) La solidarité avec l’attelage et les paysages aideront je suppose à oublier les chaussettes qui prennent l’eau.





+ Qu’est ce qu’on pourra retrouver sur le site ? Des scènes coupées ? Des « Behind the scenes » pour découvrir l’envers du décor d’un tel projet ?

Des photos et articles sur notre aventure là-bas, quand nous y serons, pour nous suivre « au jour le jour ». Des actu vidéos avant le départ aussi, puisque l’audiovisuel fait partie de notre quotidien (monteuse/cadreuse pour moi et monteur/truquiste pour Guillaume). Et puis au retour une version de 13mn du docu, pour les « behind the scenes » j’hésite encore :) Il y a aura bien entendu des teasers avant la sortie fin Mars du docu, on pourra écouter en avant-première la bande originale, mais je voudrais garder quelques bonus pour un futur DVD… Enfin je pense qu’avec le nombre de choses que nous allons vivre, il y aura de quoi en diffuser sur le site aussi !
Aujourd’hui on peut déjà y trouver des vidéos sur un musher dans les Vosges, des photos, des informations sur la Suède et sa région polaire, ainsi que sur l’équipe de ce projet et nos partenaires.



+ Comment es-tu venue aux voyages ? Un déclic ?


Je pense qu’on y vient tous, au voyage, si on s’écoute un peu. Le voyage ce n’est pas une « passion », c’est un besoin pour chacun, c’est important de s’ouvrir aux autres cultures, de casser ses habitudes, de découvrir ce qui nous entoure, et puis parfois de se lancer des défis. Seulement il est parfois difficile de se passer de son confort matériel et financier, mais quand on fait le pas, on ne s’en passe plus ! J’ai souvent rêvé de voyages, j’ai beaucoup lu de London, de Hugo, de Shakleton, je suis très « régions nordiques » en toute saison, je trouve les couleurs magiques et le fait que l’Homme n’y soit pas à son aise permet de remettre ses pendules à l’heure, de revoir ses priorités. Et pourtant j’ai très peu voyagé, le Québec l’an dernier, et la France : Bretagne, Jura, Vosges, Côte d’Azur, Sologne… Nous avons ici déjà de magnifiques paysages pour s’entraîner à la photo et à la rando !


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+ Tu comptes partir avec quoi comme matériel ?

Je pars avec un boitier Canon EOS 60D, qui sera emmitouflé dans un étui néoprène pour éviter qu’il ne gèle. J’ai aussi un 28-70 à 2.8 pour la vidéo et un 70-200 2.8 pour la photo animalière. On me prête 2 GoPro, j’ai un enregistreur son Zoom H4N, un intervallomètre pour les timelapses, et j’ai la chance d’être soutenue par Vanguard qui m’a équipé d’une trépied Alta Pro en carbone, d’une tête GH100 pour ce trépied et d’un sac rando/photo Skyborne.
J’aimerais me dégoter un compact hybride avec un grand angle, un 30mm à 1.4 et un 14mm pour boucler cet équipement, seulement là mes finances sont à court… Et il faut penser aussi à nous : une parka ne serait pas de refus !



+ Sur ta description twitter, on peut voir que tu prépares une WebTV pour voyageurs ,peux tu nous en dire un peu plus ?

Je ne sais pas si je peux en dire plus, en fait seules les critiques à la suite de ce premier documentaire me permettront d’en dire plus : si elles sont bonnes, j’entame un second web-docu toujours sur ce filon : un lieu/un métier hors du commun (et ce n’est pas tout, mais ça vous le verrez dans Borealis). Si les critiques sont mauvaises, ou je pleure et pars élever des chèvres dans le Larzac, ou je prends sur moi et bosse, bosse, bosse sur un nouveau concept… C’est extrêmement fatiguant de gérer un métier à plein temps, ce même métier en freelance et encore ce même métier lors d’un projet perso, même si je suis passionnée, parfois « mon corps me dit stop » (mais prends donc du bifidus actif me direz-vous !), ce sera donc aussi en fonction de ma fatigue !


+ On dit souvent que ce sont les rencontres qui font le voyage,a priori tu vas être servi niveau rencontre, comment abordes tu la barrière de la langue et la différence de culture ? Tu as déjà pu les rencontrer une première fois, qu’est ce qui t’as donné envie de tourner un documentaire sur leur culture ? Devoir de mémoire pour ne pas oublier ou ouverture à la curiosité ?

Alors le couple de mushers que je rejoins est Français, même si nous allons rencontrer énormément de Suédois pure souche, je pense que la difficulté sera mineure puisqu’ils seront mes traducteurs et mes professeurs, ils m’ont dit aussi que les Suédois parlent extrêmement bien l’anglais. Cela ne me fait pas trop peur. Après cela reste un pays développé, même dans ses régions les plus au Nord, qui sont peu peuplées mais qui ont tout de même le net, l’électricité… Le côté qui m’intéressait ici c’était de savoir comment un jeune adulte peu expliquer à sa famille qu’il souhaite faire un métier qui l’oblige à s’expatrier très au Nord, pour faire un métier très peu connu et très peu rémunéré aussi ! J’aimerai savoir comment ils ont vécu leur départ, quel est leur quotidien, leur relation avec leurs chiens, leur idée de l’aventure… Mais j’espère que ces jeunes adultes me feront aussi rencontrer des éleveurs de rennes, des joueurs de hockey, des Suédois qui nous raconteront leur vie ici, leurs habitudes, leur pays…Je ne suis pas sûre que quand on est attiré par quelque chose, on sache pourquoi. Voilà moi j’ai la sensation que je vais aimer ces gens, cette aventure, ces chiens, ces lieux, mais je ne sais pas pourquoi, je souhaite juste partager ces découvertes. Et puis le magnétisme des pôles agit peut-être plus sur moi que sur d’autres, c’est une vie complètement différente de la notre, c’est intéressant de s’y confronter.



+ Un dernier mot Tania ?

Merci pour cette interview et pour ton attention :)



Alors si vous avez été conquis par cette interview et que vous souhaitez leur donner un coup de pouce découvrez le site http://www.borealis-laponie.com

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